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Cuba : un pays à l’identité forte et unique

Publié le:
 24 mai 2016

On ne peut le nier, Cuba est un autre monde.

C’est littéralement à part et un voyage hors des sentiers battus.

Nous avons passé une semaine dans la capitale et la plus grande ville du pays (avec environ 12 millions d’habitants) : La Havane.

Un choc culturel garanti.

L’île de Cuba est située à environ seulement 180 kms de la côte la plus proche des États-Unis, et elle est pourtant si différente, comme à des années lumières en réalité.

map cuba

En arrivant à l’aéroport de la Havane, il n’existe pas de service de bus pour rallier l’aéroport et le centre-ville.

Ce sera donc taxi obligatoire et ça pique un peu car on paiera 20 euros pour ce dernier, d’entrée de jeu pour 20 mn de route.

On n’était plus habitués à ce genre de tarif en tous cas pour les taxis.

Cela dit, notre chauffeur nous a fait un peu la visite guidée pendant le trajet et s’est investi pour que nous retrouvions dans les meilleurs conditions possibles notre hôte pour l’hébergement (il a téléphoné chez elle, est descendu pour sonner à la porte en arrivant au logement et être sûr que c’était bien là…).

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Pendant une semaine nous avons vécus coupés de la société de consommation dans sa globalité car on constate vite que Cuba n’est en rien le pays de l’abondance. Il y manque presque de tout et partout.

Et nous avons été tenus éloignés également du monde « digital », car sans internet.

Coupés du monde, des informations, de « Facebook » et compagnie (ça ne fait pas de mal ça remarquez).

En effet, internet ne coule pas de source ici. Il n’est pas compris dans le prix de la chambre comme dans la plupart des hôtels ou « Airbnb » par exemple.

Et ce pour la simple et bonne raison qu’à Cuba internet est rare et lent et cher si vous souhaitez l’utiliser malgré tout.

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C’est donc un voyage différent que nous avons fait, à la fois épuisant mais aussi très enrichissant, puissant.

On a été plongés au cœur de la vie cubaine, la vraie face du pays.

On a découvert des gens chaleureux qui vivent en toute simplicité, bridés par des tonnes de restrictions et qui pourtant se montrent sous leur meilleur jour, ouverts, même avec nous les touristes qui pourraient éventuellement leur inspirer du mépris.

Havana centre1

Ce qui fait de Cuba ce qu’il est aujourd’hui :

Il y aurait des millions de choses à dire sur Cuba et on a vraiment été fascinés par tout ce que nous avons découvert, et lu, sur le pays.

Pour donner un peu de contexte :

Dans la première moitié des années 50, Cuba était sous la forte domination Nord-américaine.

Et c’était pour l’île une période de gestion politique chaotique car la majorité des gouvernements de cette époque étaient corrompus, racistes et violents.

Peu à peu, grâce à différents traités commerciaux, les USA ont pris le contrôle du marché cubain : en 1956, ils contrôlaient même les ¾ de ce dernier avec le monopole dans de nombreux secteurs d’activités.

Et au cours de la première moitié du 20ème siècle, les régimes successifs se maintenaient par la répression et la corruption.

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Donc face à une situation insoutenable qui s’empirait et différents autres facteurs, une Révolution fût lancée par Fidel Castro et Che Guevara en 1959, ce qui a permis de mettre fin à la forte présence américaine.

Se mettait alors en place un système plus égalitaire et une vaste campagne d’alphabétisation a été lancée et réalisée avec succès.

Les biens appartenant aux compagnies étrangères furent alors nationalisés (pour redevenir des biens à 100% cubains) et suite à ces expropriations, les cubains les plus riches décidèrent de quitter le pays et de graves tensions avec les États-Unis régnaient : d’ailleurs l’embargo mis en place par les États-Unis ne tarda pas à s’installer.

Peu à peu, face à l’intransigeance et l’hermétisme des USA, Fidel Castro se tourna vers l’URSS pour obtenir du soutien et va d’ailleurs  décider de baser son régime sur le modèle communiste.

À ce moment-là par exemple, l’anglais est même interdit à l’école et on y enseigne le russe à la place.

À la post révolution, Fidel va s’intéresser à tout et prendre part aux moindres décisions. Longtemps il a bénéficié du soutien enthousiaste et unanime de la population.

Mais au fil du temps, les rouages se sont enrayés : le maintien au pouvoir de Fidel pendant 50 ans et son autoritarisme conjugués à différentes crises, ont plongés alors le pays dans de graves problèmes économiques.

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Ils sont d’ailleurs toujours d’actualité à l’heure actuelle impactant sévèrement la population cubaine et creusant de profonds fossés entre couches sociales parmi les habitants.

La succession au pouvoir de Fidel, avec son demi-frère Raúl a seulement apporté une touche de modernité et un assouplissement de la politique (par exemple depuis 2008, les cubains ont le droit d’acheter un téléphone portable et peuvent accéder aux complexes hôteliers réservés jusque-là aux touristes) mais n’a pas résolu les problèmes.

Cuba, un style de vie atypique :

La première chose qui frappe quand on arrive à Cuba et ici plus particulièrement à la Havane, c’est l’absence de publicité dans les rues.

Je vous le disais, la société de consommation n’existe pas : pas de grandes affiches vantant les mérites de telle ou telle marque.

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Et puis on retrouve peu de choses dans les magasins.

Déjà, ces derniers sont petits et les articles disponibles se comptent sur les doigts de la main.

Il faut parfois arpenter 4 ou 5 magasins différents pour compiler l’ensemble de ses courses. On ne trouve par exemple pas d’œufs dans telle boutique ou pas de lait dans telle autre.

Même les pharmacies, les boulangeries, les vitrines de magasins semblent dépouillées et sorties des siècles passés.

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Globalement, on a l’impression d’être dans les années d’après-guerre, et revivre les scènes des photos en noir et blanc de nos livres d’histoire géo à l’école…

C’est-à-dire voir se dérouler une vie basée sur les tickets de rationnement, le manque de produits de première nécessité, le balbutiement de l’électroménager et des nouvelles technologies.

Il y a deux monnaies en circulation à Cuba :

Oui étrange me direz-vous. C’est un des rares pays dans lequel deux monnaies nationales coexistent :  en l’occurrence le CUP (la monnaie des locaux) et le CUC (ou encore appelé « peso convertible » ou « monnaie touristique »).

On était un peu perdus en arrivant je dois dire…

Le CUP est quasi exclusivement réservé aux locaux pendant que les touristes sont pratiquement obligés de payer en pesos convertibles.

Au distributeur vous pouvez uniquement retirer des CUC et ensuite éventuellement faire changer en monnaie locale. Mais cette pratique est très limitée, on ne peut changer que quelque chose comme 4 euros maximum.

Et cela fait une grosse différence car 1 CUC (la monnaie du touriste) est égal à environ 0,90 euros pendant que 1 CUP (la monnaie locale) ne vaut que 0,03 euros.

Donc imaginez un peu comme c’est tout bénéfique pour eux « d’obliger » le touriste à payer en CUC !

Cela dit, de plus en plus de produits sont soumis à la double conversion : dans les supérettes par exemple, sur l’étiquette apparaît le prix en CUC et en CUP mais si on convertit cela fait le même montant.

Ce qui est ingérable pour les locaux qui payent désormais de nombreux produits en CUP (monnaie locale) à un ratio équivalent aux CUP (monnaie « touristique »).

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Seuls les petits bouis-bouis pour manger, les taxis et bus du centre seraient donc réellement peu chers pour les locaux car les prix sont uniquement disponibles en monnaie locale et ne sont donc pas soumis à l’explosion des tarifs en monnaie convertible (CUC).

En tant que touriste, si vous arrivez à vous procurer de la monnaie locale, il est cependant difficile de l’utiliser car beaucoup refuseront que vous l’utilisiez (et puis il faut bien maitriser l’espagnol je pense pour plus de « crédibilité »).

Sinon, elle peut être utilisée à la rigueur pour les taxis du centre-ville et les pourboires.

Aussi, il faut bien prévoir son coup et retirer de l’argent à l’aéroport par exemple car les distributeurs automatiques se font rares en ville (et aussi les commissions imposées à la machine sont énormes !)

Bref, voyager à Cuba revient au final très cher !

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Un salaire très bas pour les cubains :

Le salaire moyen est en effet d’environ 20 euros par mois, par habitant.

L’économie cubaine permet tout juste à la plupart de ses habitants de survivre, tout « superflu » n’est en général pas envisageable pour eux.

Il est même obligatoire aujourd’hui pour la population d’acheter certains produits au taux de la monnaie touristique (CUC) : comme l’eau et l’huile par exemple. Ce qui leur fait payer environ 1,20 euros rien que pour une bouteille d’eau d’1,5l.

Sachant qu’à côté de cela, l’eau du robinet n’est pas potable, mais ils n’ont pas franchement le choix. Cela rend leur situation des plus infernales évidemment.

D’où le développement d’un marché noir parallèle où il est possible pour les cubains de trouver des produits de la vie de tous les jours à un prix plus réduit.

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Les restrictions ont amené la population à mettre en avant débrouillardise et entraide. C’est pour cela d’ailleurs que le touriste est soumis ici à de multiples sollicitations.

Les cubains demandent quelques fois un pourboire, une pièce (voire même du savon ou des bonbons pour les enfants) en échange du moindre service : pour 5 minutes d’explications ou vous avoir montré votre chemin par exemple.

Attention, on se voit proposer parfois d’acheter des cigares ou du rhum dans la rue mais il s’agit la plupart du temps de contrefaçons et on peut avoir des ennuis par la suite à la douane en repartant.

Outre cela, il faut cependant considérer qu’ici, les loyers sont plafonnés et ne peuvent pas dépasser un certain pourcentage du revenu mensuel des habitants (environ 10% du revenu mensuel). De plus, l’éducation et la santé sont gratuites.

D’ailleurs, non seulement il est gratuit mais le système de santé à Cuba est ultra performant !

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À Cuba, l’espérance de vie atteint 79 ans pour les femmes et 75 ans pour les hommes. Ce sont des chiffres très proches de l’Europe.

Se loger à Cuba :

Une autre particularité de Cuba c’est que les hôtels sont très rares et quand il y en a ce sont à des tarifs élevés (on ne trouve pas d’auberges de jeunesse ou de dortoirs par exemple).

Du coup, l’alternative à privilégier est de loger en « casas particulares », comprenez dormir chez l’habitant.

C’est un excellent moyen (quand on arrive à se faire comprendre en espagnol ou en anglais) d’échanger avec les locaux et d’en apprendre plus sur leur culture et leurs conditions de vie.

L’expérience que nous en avons eu pour notre part a été très sympa.

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Cependant, il faut essayer de se renseigner au maximum sur la sureté du site internet sur lequel on réserve ses nuits (pas de « hotels.com » ou sites classiques pour réserver chez le particulier à Cuba) et lire les commentaires de vacanciers précédents, car on peut avoir des surprises en arrivant… comme ne pas avoir vraiment de réservation ou être logé dans un autre appartement que celui décrit en annonce. Cela peut arriver.

NB : Pour information, nous avons réservé sur le site « HostelsClub.com » et nous n’avons eu aucun souci. Plus précisément, via ce site nous avons logé à la « Casa Mirador La Colina » que nous recommandons chaudement.

En effet, la propriétaire nous a accueillis comme sa propre famille et a vraiment été aux petits soins toute la semaine.

Encore une preuve de la gentillesse et du grand cœur de la population cubaine !

NB : Pour une nuit on compte entre 25 et 30 euros selon le site sur lequel on réserve mais autant passer en direct avec la propriétaire qui est adorable et qui pratique des tarifs plus bas : miradorcolinahav@gmail.com

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Bonne nouvelle : Cuba est un pays globalement sur

Après tous les pays d’Amérique latine que nous venons de traverser (et ceux qu’on n’a d’ailleurs pas traversés), où le taux de criminalité est assez élevé (dû notamment aux gangs et aux narcotrafiquants) Cuba fait clairement figure d’exception dans le lot.

En même temps ici, le moindre petit vol ou « dérapage »est lourdement sanctionné par le gouvernement.

La population est donc assez canalisée même si la violence aurait tendance à se développer légèrement avec le tourisme (vol à l’arrachée notamment) mais ce sont plutôt des cas isolés.

Par contre, les cubains sont assez voyeurs (notamment les hommes) et ont tendance à tout le temps dévisager de haut en bas et lancer éventuellement des remarques ou quelques clins d’œil au passage.

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Cuba entre propagande, surveillance et manque de liberté absolu :

C’est la triste réalité, les cubains n’ont pas de liberté face à un gouvernement totalitaire.

Ils ne peuvent pas sortir du pays, ils n’ont pas de liberté d’expression, peu ou pas d’internet, peu de liberté d’entreprise. En fait, la population est sévèrement encadrée.

Et la délation (voire l’espionnage) est monnaie courante ! Ils ont tout intérêt à faire attention à ce qu’ils disent, à qui et où.

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Le gouvernement a également la main mise sur tout et contrôle tout, rien n’appartient vraiment aux cubains.

De plus, chaque quartier est quadrillé par des « Comités de Défense de la Révolution » : ils sont notamment chargés de la sécurité et la surveillance des citoyens.

Que serait Cuba sans ses vieilles voitures ?

Dans une thématique plus légère, on ne peut pas parler de Cuba sans évoquer ses vieilles voitures évidemment !

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C’est d’ailleurs un des arguments qui a pesé dans la balance pour notre séjour ici… enfin surtout auprès de Camille : )

Ces automobiles américaines des années 50 sont omniprésentes dans les rues et sont l’héritage d’une époque où l’argent coulait à flot à Cuba.

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Mélangées à des véhicules plus modernes (car oui il y en a), le tableau global est impressionnant, on ressent un gros retour en arrière.

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Ces voitures aux couleurs flashy font désormais souvent office de taxis (pour circuler dans le centre-ville) et les touristes en sont particulièrement friands.

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On les trouve belles et on ne cesse d’être étonné quand on les découvre.

Bon par contre en regardant bien, elles ont tendance à être belles de loin pour certaines car elles sont clairement le fruit de multiples rafistolages grossiers et hasardeux la plupart du temps.

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Alors, un voyage à Cuba ça vous tente ?

Pour en savoir plus sur ce que nous avons fait et visité à travers les différents quartiers de La Havane, nous vous donnons rendez-vous tout bientôt avec un nouvel article : )

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